Un commentaire qui mérite la Une
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Une fois n'est pas coutume, Del Toro publie un commentaire suite à l'article Welcome Paradoxe,
pour lui donner encore plus de visibilité, tant celui ci est bien écrit, complet et sincère. Si "le coucou" n'est pas d'accord qu'il le fasse savoir.
"Je suis tout à fait d'accord avec beaucoup de points évoqués dans cet article : la difficulté de regarder ces gens mourir ou plus précisément dépérir sous nos yeux, la misère humaine( car
c'est bien sur un plan d'Humanité que je place la réflexion de del toro), reste le point d'orgue de toute réflexion sur les solutions qui pourraient exister... sauf que ces solutions n'existent
malheureusement pas ou plus chez nous.
Il y a 35 ans, quand mes beaux-parents arrivèrent de leur pays chaud, en short et en claquettes, ils tombèrent d'un avion sur une terre hostile de froid et d'indifférence. Sauf que cette terre,
pas si hostile que ça, avait déjà fait montre d'accueil, d'aide et de soutient à des générations d'espagnols, d'italiens, d'allemands, de portugais, d'algériens etc...
Ils furent pris en mains par l'état français ( 1975), par des gens qui les aidèrent humblement, furent habillés à la dernière mode du secours catholique (même si ils étaient bouddhistes on s'en
fout), mangèrent à la soupe populaire, et apprirent la langue de Molière, puis travaillèrent, achetèrent leur première maison, leur premier resto, élevèrent 6 enfants, et travaillent toujours à
70 ans (ne le dites pas à Martine). Pourquoi je dis tout ça ? parce que c'est du vécu et que je ne voudrais pas que l'on doute une seconde de la formidable capacité d'intégration de notre pays
qui fut une terre d'accueil pendant des générations.
Alors ou le bâts blesse t-il ? tout simplement de la conjonction de plusieurs facteurs : économiques, démographiques et politiques. l'explosion de l'émigration clandestine est un fléau car
lorsque ces réfugiés entrent illégalement ils ne peuvent que devenir des cibles de mafieux, de réseaux, de marchands de sommeil, d'employeur malhonnêtes, etc. De plus, ils mobilisent une partie
de l'opinion publique contre les émigrés en général, les gens ne faisant pas forcément la différence entre clandestin et régularisé et nuisent indirectement à l'intégration des autres. En outre,
notre pays n'est plus en mesure aujourd'hui d'assumer les coûts sociaux pour ses propres habitants, alors pour le reste du tiers monde...
C'est triste, c'est inhumain, c'est injuste, mais les solutions ne peuvent être ici que pour une minorité, pas pour les 100 millions d'Africains, les 100 millions de chinois qui rêvent d'une
baguette et d'un croissant...une France qui dérive vers une pauvreté institutionnalisée, et où le déséquilibre entre la population active et les inactifs devient préoccupant pour l'avenir des
comptes sociaux, et des comptes tout court .
Avant de continuer, merci de ne pas tomber dans la langue de bois , la démagogie de l'opposition, qui consiste , binairement, à répliquer " oui mais pour les banques on a trouvé l'argent..." le
fond de cette réflexion crétine par excellence, c'est que l'état a emprunté à 4% cet argent que les banques lui rembourseront à 8% : donc l'état en sauvant les banques permet d'éviter la faillite
du pays ( sans banques il n'y a plus d'économie), et fait au passage une bonne opération financière que le contribuable que je suis ne peut qu'approuver !!
ET la boucle se boucle toute seule puisque de l'émigration clandestine à ce dernier point évoqué, il n'y a qu'un pas : le problème est malheureusement purement ECONOMIQUE. Je prédis aussi qu'il
ne va faire que s'aggraver sur les 30 prochaines années, avec une population mondiale qui atteindra les 10 milliards d'individus, des matières premières dont les filons s'épuisent, des
changements climatiques qui perturberont les pseudos équilibres actuels ( déjà pas vraiment équilibrés !!), bref une vision de chaos sur ce que pourrait être l'avenir.
Heureusement, nous avons Nicolas, qui va régler le problème du réchauffement climatique, nous avons Martine qui nous fera passer aux 22 heures, et règlera ainsi le problème des entreprises (
elles disparaîtrons au profit des administrations et des fournisseurs étrangers), nous avons marine qui mettra tous les étrangers dehors (je redeviendrai célibataire et libre de tout engagement),
et nous avons le facteur qui pendra haut et court tous les riches qui sont inutiles au bon fonctionnement d'un kolkhoze (merde je vais aussi perdre des amis !).
Donc, oui, c'est terriblement difficile de résister aux larmes d'une vieille femme qui va mourir sur une terre inconnue, de celles d'une mère qui ne peut nourrir sa progéniture, d'un père
impuissant devant l'ampleur des difficultés, d'un enfant qui ne comprend pas ce qui se passe...
Mais faut-il pour autant susciter l'espoir pour les millions de personnes qui attendent au portillon de l'intégration ?
Faut-il ouvrir grand la porte, au risque de provoquer un appel d'air ?
Faut-il les laisser crever de faim dans leur pays ?
Non bien sûr, les solutions sont dans leurs pays, et doivent passer par des actions économiques, politiques ( ah les dictatures !) ,éducatives, etc... J'ai toujours pensé qu'un africain se
sentirait mieux sur la terre de ses ancêtres si il était sûr d'y trouver le même confort que chez nous, mais ne suis bien sûr pas hostile à ce qu'ils viennent en France, à conditions que cela
reste légal...Mais je sais aussi que si j'avais cet homme ou cette femme en face de moi, je lui tendrais quand même la main et je lui offrirais cette douche ou ce sandwich car lorsque la misère a
un visage, elle devient plutôt un problème de conscience qu'un problème économique..."
