Welcome paradoxe
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Imaginez un film qui se passe à Calais dans le Nooorrrrrd. Un film ou l’on ne vous parle pas des Ch’tis , mais de réfugiés kurdes ! Un film beau, intense, engagé. Un film qui pose des questions, avec de bons, de très bons acteurs (premiers et seconds rôles). Un film qui apporte des réponses, mais pas toutes les réponses. Bref un film qui fait réfléchir, un film à la fois triste et profond, plein d’espoir, mais aussi plein de désespoir. Ce film existe, je l’ai vu hier soir. Welcome il s’appelle comme le mot inscrit sur le paillasson du voisin de Vincent Lindon.
Calais ville confrontée à un dilemme, faire preuve de solidarité avec les réfugiés, les aider, leur donner à manger, leur offrir l’hospitalité, un trajet en voiture, des habits, ou des cours de natation comme dans le film ou respecter la loi et l’article L 622-1 sur le séjour des étrangers en situation irrégulière et donc rester indifférent. D’un côté faut-il aider, même sans être passeur, mais juste donner du soutien, offrir du respect et prendre le risque que d’autres viennent et envahissent le port et les rues …Ou ne rien faire et laisser souffrir ou dépérir et finalement laisser crever devant la porte dans l’indifférence générale ? Acceptes tu que ton voisin accueille chez lui des étrangers en situation irrégulière pour manger ou prendre une douche ? Venir en aide c’est bien, mais c’est aussi renforcer le boulot des passeurs, ces marchands de rêve et de mort pour des pauvres types qui n’ont plus rien à perdre.
Je pose la question, le problème est profond, il ne doit pas exister une seule réponse. Je n’aimerai pas être calaisien et avoir à choisir : décider d’aider ou de ne pas aider. C’est comme ces gens dans la rue qui font la manche, ici dans Paris ou ailleurs : donner, mais combien de fois et combien ? Faire un geste pour leur venir en aide, pour avoir bonne conscience, comme dans ce film. Aider au risque de se faire emmerder par une police qui fait son boulot, ne pas le faire et prendre le risque que leur misère soit toujours plus forte, et avoir honte le matin en se regardant dans la glace…Pas évident . Réconfort, solidarité, des mots que j’aime, mais aussi des idées pas toujours faciles à mettre en œuvre ; étrange paradoxe…
