Pas simple de trancher…
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Il y a des films beau et fort qui bouleversent, qui laissent sans voix, qui intriguent et
dérangent. Comme je l’avais été par « Welcome », c’est « Un prophète », le dernier Audiard, qui aujourd’hui me perturbe, me fait me poser des questions sur l’univers carcéral et la prison. Pas
simple d’avoir des idées arrêtées, pas simple d’en parler, pas simple de trancher, comme la veine qui l’est dans le film. Ce qu’il y a de bizarre avec ce film fort bien fait, primé à Cannes, avec
des acteurs formidables, c’est qu’il n’a pas provoqué de débat de fond sur le rôle, la place et l’état des prisons françaises. Il y a bien en ce moment une pseudo réflexion sur une loi
pénitentiaire mais c’est tout. Pourtant avec les nombreux suicides ces derniers mois, avec les images « cassantes et brutes » de ce film, il y avait matière à réfléchir. Prison = privation de
liberté, mais aussi sanction pénale pour punir : c’est un fait. Mais à l’heure ou un pays voisin comme la Suisse supprime toutes les peines inférieures à un an pour éviter la surpopulation, le
mélange des genres, j’aurais aimé qu’en France on se pose un certain nombre de question et que l’on réfléchisse. C’est vrai que rien est simple et que le sujet est effrayant. Vous avez d’un côté
des suicidés en prison parce que les conditions de détention sont pourries et de l’autre des gens qui souhaitent à juste titre que les « criminels » accomplissent la totalité de leur peine.
Certains souhaitant même que les « bourreaux » se voient infliger des peines équivalentes à celles qu’ils ont fait subir à leurs victimes… Attention tout de même à avoir toujours en tête comme je
le lisais la semaine dernière dans un grand journal « que la sanction pénale n’est pas celle de la victime mais celle de la société » . Un prophète nous « invite » à découvrir un monde de
magouilles, de violence, d’arrangements, de clans, de castes et de statut social en milieu carcéral. Comment un jeune paumé, pour survivre, va devoir assimiler en moins de temps qu’il ne faut pour
le dire, les rites et les codes pour sauver sa tête, vivre « mieux » entre quatre mur, et ironie du film préparer sa sortie et sa « vengeance » sur ceux qui l’ont aidé, la société qu’il l’a
condamné et sortir de taule en étant devenu quelqu’un à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur. A-t-il eu le choix ?. Pouvait-il faire autrement, la trahison et ses voltes faces l’ont sûrement
sauvé. Le crime lui a été profitable…Quelqu’un qui sait désormais lire, compter, et qui aura même pris des cours d’économie…, qui est devenu quelqu’un d’autre, avec plus d’assurance, mieux armé
pour faire face… Ce film, c’est aussi l’histoire de celui qui aura su profiter de ses rares heures de permissions et donc du système carcéral, pour, non pas se réinsérer ou essayer de le faire,
mais pour trouver sa place dans un sombre business grandeur nature et dangereux mais fortement rémunérateur et ainsi se faire respecter dans et hors des murs. Il a su se faire un nom, gagner de
l’argent, beaucoup, bien plus que lors d’un stage chez le garagiste du coin…En fait, c’est l’histoire d’un type qui entre et qui n’était rien, et qui sort en étant devenu un caïd…Oui c’est du
cinéma, mais ça dérange et agace. Quel succès, mais aussi quel échec. Pourtant depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le rôle de la prison a été précisé à plusieurs reprises : « PUNITION ET
REINSERTION ». Sur le premier point, beaucoup s’accorde à penser que c’est un fait bien acquis, pour ce qui est d’un retour à une vie sociale acceptable et acceptée, après avoir purgé une peine, il
reste du boulot ! Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
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