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L’excitation des départs en vacances

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Bénabar aurait pu en écrire une chanson ou Philippe Delerm quelques pages nostalgiques, peut être l’ont-ils fait d’ailleurs ?, en tout cas ce matin c’est Del Toro qui s’y colle !

Chaque été, enfant, c’était la même chose. La même excitation, le même bonheur. Peu de temps après la fin de l’école, juste suffisamment pour avoir le temps de jouer quelques jours avec les copains et les copines et souvent aux alentours du 14 juillet, la famille prenait la direction du sud, pour un mois, du quinze au quinze. Et oui, je parle d’un temps que les jeunes de maintenant ne connaissent pas, les vacances d’été duraient souvent un mois !

Après les préparatifs des valises, le bonheur commençait la nuit précédent le départ. On savait qu’il fallait se lever tôt pour quitter la région parisienne avant les autres et parce que la route était longue et que l’on passait par « le Centre ». Levés souvent vers trois ou quatre heures du matin, mais réveillé bien avant, les billes grandes ouvertes attendant l’heure avec impatience. Les images de l’été d’avant revenaient, et celles de l’été qui allait arriver commençaient à se mettre en place.

Ensuite, la route, la route et encore la route. D’abord, prolonger sa nuit faisait partie du premier rituel. Loin des considérations sécuritaires d’aujourd’hui, les enfants étaient couchés, soit sur la banquette arrière, soit par terre et sans ceinture. Le trajet était long, sans DVD portable, Game Boy ou MP3. Les voitures étaient moins confortables qu’aujourd’hui, à l’époque c’était Renault 12, Smica 1000, ou Renault 18, loin des 4x4 ou des monospaces actuels. 12H00 de route, avec le paysage comme principale animation, les disputes entre frères et soeurs, les bornes kilométriques, quelques livres et des jeux animés par les parents : comme le jeu des départements, celui des devinettes  ou celui des spécialités régionales. Les nombreux arrêts dans les stations services (nous y avons même gagné un énorme bateau Fina), les cafés, les pauses casse croûtes rythmaient les 900 Kms de descende vers le soleil, la famille et les plages du midi. Le passage devant la bête du Gévaudan, la descente sur Millau (avant le viaduc) étaient perçus comme autant de signes positifs vers notre but approchant.

Car les vacances c’était aussi la joie de retrouver les grands parents, les tantes et tontons, les cousins cousines, les copains et copines du coin. Un peu plus de liberté, des horaires décalés, des parents décontractés et dans leur élément, le soleil, la plage, la fête foraine, le tour de France à la radio ou la TV avant de partir se baigner. Mais c’était aussi Intervilles, quelques corridas et oui déjà…le bal du 14 juillet, les pétards dans les rues, le rami le soir, le repas du dimanche midi bien habillé. L’argent de poche, le petit tour au marché pour acheter « trois couillandres », la visite du grenier qui ne changeait pas d’une année sur l’autre mais qu’il fallait quand même faire comme un pélirinage entre poussière, talc, déguisements et toiles d'araignée.

En grandissant, les vacances furent aussi synonymes de premiers émois, de premiers conflits d’ado pour essayer de sortir toujours plus tôt et de rentrer toujours plus tard, des premières « prises de têtes » avec quelques jeunes cons locaux un peu primaires et anti-parigots ; l’apprentissage de la vie quoi.

Oui, chaque été c’était pareil, au même endroit, pas de colonie de vacances, pas de stage d’anglais, mais des cours de math souvent le matin avec « tati » pour garder le niveau ou le rattraper selon les classes et les sujets. Pas de visites de pays exotiques, juste un saut de puce dans l’arrière pays, un petit tour en Espagne et c’était bien comme ça.

Alors aujourd’hui c’est différent, on part souvent plus loin, pas toujours en voiture, mais moins longtemps, pas toujours dans la famille, mais cela reste toujours les vacances et c’est toujours aussi bien. Alors certains vont partir, d’autres vont devoir attendre un peu. Certain ne partent jamais. D’autres ne partiront pas cette année, parce que pour des tas de raison c’est plus difficile aujourd’hui. Mais les vacances restent un élément d’équilibre et de break incontournable de nos vies stressées d’aujourd’hui. Chaque années elles me font dire des trucs aussi bête que : « vraiment je ne suis pas fait pour travailler, je suis fait pour être en congés», mais si l’on ne travaille pas c’est plus difficile de partir, et il n’y plus de différence.

C’est un peu con comme fin d’article, je bien d’accord avec vous, mais j’ai besoin de vacances et ce n’est pas pour tout de suite, même si le pont du 14 juillet va me faire du bien J.

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P
Del Toro joue, avec son brio habituel-et bien mieux que Delerm ou Bénabar- sur la corde de la nostalgie (ah les nuits de sommeil sur le plancher de la Simca 1000 !)<br /> Il nous rappelle aussi qu'il fut un temps où les vacances d'été duraient un mois. Ca s'appelait les CONGES PAYES, pour lesquels certains de nos aïeux se sont battus, ont parfois perdu leur emploi et leur réputation, désignés dans leur quartier comme étant des bolchéviks.<br /> A l'heure où certains se préparent à partir exercer leur droit à un repos mérité, nos ministres mitonnent leur réforme sur le travail dominical et certainement d'autres petites surprises qui passeront plus ou moins inaperçues et ne provoqueront pas de mouvements sociaux sur le sable des plages.<br /> Depuis une dizaine d'années, c'est devenu systématique, les pires réformes voient le jour en juillet-août pendant la léthargie estivale de l'opinion publique.<br /> Je vous souhaite à tous bonnes vacances, et un réveil en septembre pas trop douloureux.
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