Egoïsme
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Je ne veux pas travailler le dimanche, même pas un peu. Lorsqu’il m’arrive d’avoir une ou deux petites choses à faire ou terminer, je suis très mécontent : le dimanche c’est sacré. Oh pas tant à cause de la messe, rassurez-vous, mais c’est comme ça, le dimanche c’est marché, sport, ballades, famille, culture etc. Même si il arrive, surtout l’hiver, que le dimanche soir soit parfois un peu triste car le week-end se termine dans la nuit, la brume et sous la pluie, qu’il faut penser au lundi, que l’on fait le bilan de tout ce qui n’a pas été fait pendant le week-end, il n’en reste pas moins vrai que l’on est mieux chez soi qu’au travail.
Par contre je trouve indispensable que beaucoup d’autres travaillent ce jour là. Et oui il faut parfois être égoïste pour bien profiter des choses de la vie. Oui j’ai besoin que les magasins soient ouverts le dimanche, oui j’ai besoin de pouvoir choisir entre le samedi et le dimanche pour faire trois ou quatre emplettes ; oui je suis égoïste sur ce coup là et je l’assume.
C’est vrai par contre que tomber dans les travers d’une société unidimensionnelle ou tout se résume à acheter/vendre n’est pas forcément très sain. C’est vrai qu’il peut y avoir des pauses à la frénésie de conso qui nous habite, c’est vrai qu’il faut des moments consacrés à d’autres dimensions, pour se retrouver face à soi, sa femme, son mari, ses enfants, ses parents, ses amis, son sport, son dieu, ou ses lectures. C’est vrai qu’il n’est pas très sain d’imposer de travailler le dimanche à des gens qui n’en ont pas envie. Que cela risque d’être difficile de s’y opposer dans les petites structures peu ou pas syndiquées. Mais c’est vrai aussi que travailler le dimanche permet à de nombreux étudiants de payer leurs études.
En 2009 en France, près de 3,5 millions de personnes travaillent ce jour là dans beaucoup de professions et que fort heureusement tout ne se résume pas à la consommation de masse au service de petits bourgeois en mal d’achat.
Depuis de nombreuses années, il y a une règle générale, des concessions ici, des arrangements avec le Préfet là et finalement de la souplesse qui s’est installée sans que cela pose réellement de problème.
Depuis 6 mois, c’est devenu un sujet de polémique et d’opposition, au nom du libéralisme d’un côté, du respect des croyances et de la paix des familles de l’autre, contre la société de consommation ou encore par opposition systématique, bousculant une fois n’est pas coutume d’ailleurs au passage, les lignes de front politique et les clivages droite gauche.
Beaucoup de bruit pour rien, alors que la recette est pourtant
simple : « Del Toro au repos le dimanche, les autres au boulot » pour que si j’ai besoin de médicaments, d’acheter un livre, une chemise, une étagère ou de la terre pour
mes plantes je puisse agir dans l’heure sans attendre le samedi d’après.
