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Obsession football

L’envie d’écrire sur le foot ne date pas d’hier, plus jeune déjà je me suis essayé à la sociologie du foot et avec beaucoup d’humilité, j’ai rédigé de nombreuses pages sur le foot anglais et ses supporters dans le cadre d’un mémoire à la fac. La passion, la violence, l’incompréhension, mais surtout la culture et l’odeur des tribunes, voilà ce qui m’a animé et occupé pendant un an.

Depuis il s’est passé beaucoup de chose, mais la culture foot, un peu popu est restée, la passion est intacte et pourtant j’ai assisté dans ma vie à plus de mauvais matchs que de bons. Je parle des matchs en live. Bien sur il y a la TV, s’est bien mais cela ne remplace pas l’ambiance et la tension d’un match en tribune.

Cette année je suis retourné au stade plusieurs fois, c’est bien, le plus beau stade de France n’est pas bien loin de chez moi. Et même si ce n’est pas la meilleure équipe de France qui y joue, l’envie et la passion est intacte. Le besoin d’être dans la foule, de crier avec les autres, de croire en la victoire, de croire à l’exploit, c’est quelque chose que la TV ne remplacera jamais.

Pourquoi cette passion, ce besoin ? Peut être parce que la passion du foot en dit parfois long sur le caractère et l’histoire personnelle des gens, et aussi parce que les émotions que suscite ce jeu fournit de précieuses informations sur notre société et nos cultures.

Piètre joueur étant jeune, je suis vite passer de l’envie d’être une star du ballon rond à celle d’être commentateur. Finalement je suis resté amateur, supporter et obsédé. C’est sur qu’il y a bien plus important dans la vie que de rentrer un dimanche soir triste et dépité après avoir cru que la saison allait enfin être bonne à défaut d’être excellente. J’ai la rage du foot, c’est un besoin, c’est quasi une drogue ; j’ai besoin d’images, j’ai besoin de cette ambiance, j’ai besoin de croire en des lendemains festifs. Il me faut connaître les résultats quasi en live, je passe d’un flash radio à  Internet, pour savoir. Le lendemain il faut lire le journal pour l’analyse, les commentaires, les notes, sauf si le match de la veille ne s’est pas déroulé comme prévu, car cela fait trop mal de revivre un cauchemar une deuxième fois…

Comme l’explique Nick Hornby, dans sûrement l’un des meilleurs livres jamais écrit sur le foot « carton jaune », on reste fidèle à un club, même moyen, voir même parfois mauvais, car on pense qu’un jour, cela sera le Jour ! et pour rien au monde on souhaite manquer se jour là, trahir, ou s’éloigner. Pour se venger de tous ceux qui pendant des années se sont moqués de vous, on veut vivre cet instant et pouvoir dire, cette année c’est nous, allez tous vous faire voir ! C’est puéril j’en conviens mais c’est comme ça, et je ne me l’explique pas vraiment.

Alors hier, pour moi et quelques 40 000 autres, se ne fut ni le jour, ni le moment. Pourtant, il faisait beau, il faisait jour (par pitié messieurs de la ligue et /ou de la fédé, mettez nous des matches le dimanche ou le samedi après midi, c’est tellement mieux.), et j’ai eu le sentiment que le week-end se terminait en vrille, avec un goût amer. J’ai essayé de faire bonne figure, de ne pas trop y penser, de cacher mon désarroi, mais à l’intérieur j’avais mal très mal.

Alors oui, il y a souvent plus de frustration et de peine que de joie. Supporter ou fan de foot, à parfois quelque chose de masochiste, mais c’est ainsi.

Le jeune Nick dans « carton jaune » a attendu plus de vingt saisons pour voir le club de son cœur Arsenal renouer avec le titre de champion d’Angleterre en 1989 à la dernière minute du dernier match de la saison, cela devait être grandiose ; seul le foot est capable d’offrir de tels instants de crispation, de tension et de délivrance…

 

 

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L
à ce prix là, beaucoup d'hommes qui aujourd'hui se croient libres aimeraient bien devenir esclaves...mais pas nous bien sûr.
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P
Voilà toute l'ambiguité de l'Etre Humain, ou tout du moins de l'individu de sexe masculin occidental quadragénaire et citadin (autant voir large pour définir un phénomène comme del toro): on se veut civilisé, culturel et ouvert sur le monde, mais le samedi soir, la bète refait surface, la fébrilité vous prend et peu de choses comptent plus que les résultats de L1. Sessegnon ou Camara ne me feront jamais autant rèver que Raï ou Bravo, il n'empèche que, comme vous, j'attends avec impatience chaque journée de championnat, et, c'est encore plus grave, chaque été je frétille au moment du grand marché aux esclaves qu'est le mercato.
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